L’Homme Jaune

C’est avec ses pastels et une touche de cynisme que Yasser Ameur traite de la crise sociale en Algérie. Avec une certaine véhémence, le jeune artiste critique les manœuvres politiciennes de ce pays dans lequel il a grandi. Ses œuvres sont porteuses des multiples contestations et inquiétudes d’une jeunesse algérienne figée dans un quotidien enclin à la précarité. 

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Tiens un ballon, ne touche pas à la politique, Acrylique sur toile, © L’Homme Jaune

capture-decran-2016-09-14-a-17-03-06Originaire de Mostaganem, ville côtière située au nord-ouest de l’Algérie, Yasser Ameur ne se destine pas directement à une carrière dans l’Art. C’est en 2011, après l’obtention de son Master en Design d’Environnement, qu’il décide de se consacrer à sa passion qui deviendra à la fois médium et média de prédilection pour porter la voix de nombreux algériens.

A travers ce personnage de l’Homme Jaune, proche d’une solide tradition caricaturale algérienne, l’artiste pointe à tour à tour, manipulation médiatique, société de consommation, corruption politique et fanatisme religieux.

L’utilisation de la couleur jaune dans ces compositions graphiques, convoque immédiatement cette idée d’un «Homme moderne» malade dans une société déréglée. Son principal symptôme : cette hypocrisie quotidienne dont nous sommes à la fois acteurs et victimes.

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                              Merde à la télé et Censure, Acrylique sur toile, © L’Homme Jaune

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Si ses dessins nous laissent esquisser un « rire jaune », c’est que l’artiste cherche à faire réagir en nous mettant devant nos contradictions. Il s’attaque ainsi à l’aliénation des opinions à travers des scènes quotidiennes, pourtant anodines au premier coup d’œil.

Son inspiration, il la trouve en ville. Attablé à la terrasse d’un café il écoute les discussions et sonde les humeurs. Ces lieux de vie, « d’apparence miteuses », constituent pour lui une source d’inspiration importante pour son travail.

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« Les véritables artistes sont ces gens que je croise dans ces cafés populaires, moi je ne fais qu’interpréter et imager leurs expressions. Chaque tasse devient une rencontre inattendue, un personnage à découvrir et une histoire singulière à raconter. On a parfois tendance à croire qu’on est meilleur que ces petites gens que l’on croise sur nos chemins, alors que ces non-initiés à l’art sont capables d’influer intensément notre œuvre ».

capture-decran-2016-09-14-a-17-03-06De ces rencontres naît une profusion de dessins et de peintures, qu’il décide dans un premier temps «d’exp(l)oser» sur les murs d’Alger, d’Oran ou encore de Miliana. La rue, tel un refuge, s’impose à lui en raison des multiples rejets des galeries qui jugent son travail trop subversif. Un noyau dur trop frileux à l’idée de voir se développer une génération d’artistes qui n’ont pas peur d’user de leurs productions pour dénoncer les travers d’un système politique et social à bout de souffle.
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Famille Syrienne,  Peinture sur craft,  © Karim-Nazim Tidafi

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« La rue est loin d’être un choix, elle résulte plutôt d’un ras-le-bol de voir ces peintures prendre la poussière. L’impossibilité de montrer mon travail m’a poussé à m’auto-exp(l)oser sur les murs des villes algériennes. Ce n’est qu’à cet instant que je m’étais rendu compte que la rue pouvait m’offrir une visibilité que nul espace dédié à l’art ne pouvait me proposer. J’estime que dans ce contexte artistique algérien, les murs urbains et virtuels sont les meilleures alternatives pour aller à la quête de son public ».

capture-decran-2016-09-14-a-17-03-06Afficher son travail dans l’espace public permet à l’artiste de s’exposer, mais également de tenter de renouer le lien entre les algériens et l’art. Une fracture qui s’explique par le manque infrastructures culturelles, mais que Yasser Ameur entend bien solutionner.capture-decran-2016-09-14-a-17-03-06

« Il suffit de voir nos musées et salles d’exposition désertiques pour constater le grand écart entre l’algérien et l’art. On pensera donc de premier abord qu’il s’agit d’un individu complètement indifférent à la culture. L’artiste ne doit pas attendre que le public vienne à lui mais plutôt aller à sa rencontre. Il se rendra compte rapidement que l’algérien lambda peut s’avérer très sensible à l’art, il suffit d’aller vers lui et de le brusquer dans sa tranquillité »

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Rêve de papier  et Lecture inverset, Acrylique sur toile, © L’Homme Jaune 

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Grace à ces expositions clandestines et aux réseaux sociaux, L’homme Jaune parvient à se faire connaître puis à s’exporter. C’est parce que ses tableaux se situent dans une réalité sociale palpable, et soulèvent des problématiques qui méritent d’être mises en lumière, que ses œuvres passent outre la censure et trouvent un public.capture-decran-2016-09-14-a-17-03-06

« Des refus et des censures, j’en subis jusqu’à lors. À mes débuts c’était carrément du mépris, on me conseillait de faire autre chose que des bonhommes jaunes, qu’un certain engagement sociopolitique me vouait à l’échec, qu’il fallait quitter ma ville perdue de l’ouest algérien… Mais entêté comme je suis, cela n’a fait que nourrir ma hargne et faire les choses à ma manière. Depuis que mes peintures s’exportent un peu partout en Europe, les choses ont changé ».

capture-decran-2016-09-14-a-17-03-06C’est ainsi que Yasser Ameur donne un souffle nouveau à cette scène artistique contemporaine émergente. Nous vous invitons vivement à découvrir son travail lors de la première édition du Salon international d’art contemporain – Art3f qui se tiendra au parc des expositions de Bruxelles les 22-23-24 et 25 septembre 2016.

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lhommejaune.com

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Myriam Taider

Etudiante en Lettres Modernes

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